Les Haciendas

Les Haciendas

Visiter les haciendas produisant du sisal au Yucatan est une incroyable expérience. Ces plantations, autrefois source de grande richesse économique, sont maintenant les gardiennes d’un style de vie accueillant dont les paysages et l’architecture font que le visiteur s’y sent chez lui.

Les haciendas du Yucatan ont été créées au XVIIème siècle par des familles installées depuis l’époque coloniale et possédant de vastes territoires. Certaines de ces haciendas étaient des ranchs, d’autres débutèrent la production de fibre de sisal. Celle-ci fut exploitée à grande échelle et généra beaucoup de profits jusqu’au début du XXème siècle où elle fut supplantée par l’apparition des fibres synthétiques.

Le sisal créa de nouveaux paysages, modifiant la configuration des haciendas et de leurs environs, jusqu’aux lieux de vie des ouvriers. C’était un vaste monde aux images contradictoires. La maison principale, résidence du propriétaire, possédait sa propre église ou chapelle. L’atelier moderne, souvent conçu comme un temple du travail, et les maisons ouvrières plaçaient l’humble manœuvre sous le regard permanent du propriétaire.

Aujourd’hui, il est intéressant de se promener dans ces anciennes haciendas qui ont été heureusement sauvées de la ruine et transformées en hôtels, restaurants, étapes touristiques ou musées.

Xcanatun – La forêt tropicale luxuriante qui entoure l’hacienda ravit les visiteurs par sa grande variété de fleurs, arbres, arbustes, et son charmant lac aux innombrables poissons multicolores.

Les bâtiments sont également attirants : l’atelier a été aménagé en bar- restaurant et la maison principale, sans être ostentatoire, dégage un certain charme.

San Antonio Cucul – Cette hacienda date du début du XVIIème siècle. Les bâtiments sont en excellent état et la maison abrite un remarquable patrimoine de meubles rustiques, statuettes maya et autres antiquités précieuses. Dans la petite chapelle, on peut encore voir les cloches que les moines franciscains utilisaient pour appeler les habitants à l’office.

Kancabchen – Sa principale activité est l’élevage de bétail, mais elle élève aussi des pur-sang qui sont les vedettes des festivals mexicains traditionnels de rodéo.

Ochil – Ce site touristique permet de découvrir les étapes de la production du sisal dans leurs moindres détails. L’hacienda, construite sur un important site maya, conserve aussi son dynamisme en proposant un panorama de l’artisanat du Yucatan. Les ateliers des artisans sont installés dans l’ancienne chapelle. Il est impressionnant de voir avec quelle habileté ils brodent, fabriquent des bijoux ou des hamacs.

San Pedro Chimay – Ce site appartient à la commune de Merida et se trouve à environ 16 km au sud de la ville. Cette hacienda, productrice de sisal, était à l’origine un ranch dont on ne connaît pas la date de création précise.

En 1852, Juan Miguel Castro, fondateur du port de Progreso, a restauré l’hacienda en l’honneur de sa femme, Maria de Jesus Lara, et a apporté d’Espagne le saint patron San Pedro. Le nom de « chimay » qui signifie acacia en maya yucatèque, lui a été donné il y a 40 ans en raison de l’abondance de ces arbres sur le site.

Durant l’apogée de l’hacienda, la production de sisal était si importante qu’il a fallu en doubler la capacité. C’est pourquoi on peut y voir deux chaudières et deux cheminées, dont la plus récente est ornée de caractères mauresques.

A l’origine, la maison était de style colonial ; la restauration de 1865 a conservé les corridors en demi-arches, les colonnes de pierre taillée et les portes coloniales.

Hacienda Tabi – C’est une hacienda authentique, sans le tape-à-l’œil ou la solennité des rénovations, et qui se dit la plus ancienne de la région. Autrefois florissante plantation de cannes à sucre et plus grande hacienda du Yucatan, elle est restée longtemps à l’abandon et fait l’objet d’un programme de restauration qui en a transformé une partie en musée.